Si tu as loupé le 1er épisode, tu peux encore te rattraper ICI, et tu seras pardonné.
Janvier 2012 donc, me voilà embauchée.
Heureuse (et naïve) que j'étais.
Première semaine, j'ai la chance d'être en binôme (je déteste ce mot, mais j'ai rien trouvé d'autre) avec celui que je vais remplacer. Un homme, la quarantaine, sympathique mais bordélique, avec une écriture digne de celle d'un médecin sur une ordonnance, avec qui nous manquons l'accident de voiture à chaque virage.
Je marche dans ses pas pendant une semaine (c'est poétique ça), j'apprend le métier et ce que je vais devoir gérer une fois qu'il sera parti.
Un maximum d'infos en un minimum de temps, c'est pas simple, ça me stresse, mais je suis contente.
La semaine se passe, puis très rapidement arrive mon premier Lundi en solo.
Seule comme la solitude.
Je dois faire face aux quarantenaires rageuses de voir une minette de moins de 30ans remplacer l'homme qui les servait. Tu sentais leur ton mielleux lorsqu'elles me déposaient leurs affaires, qui s'apparentaient à un "t'es bien mignonne du haut de tes 29ans, mais si tu me bousilles mes affaire j'te défonce la gueule".
La pression était un peu quotidienne à ce niveau là.
Mais encore, s'il n'y avait eu que ça...
Les jours et semaines se passent, je m'acclimate petit à petit au job, aux différents prestataires, aux gens aussi (ce qui n'est pas une mince affaire, croyez-moi).
Je m'habitue aussi à mes collègues à 500bornes d'ici, par téléphone. Et j'apprend au fur et à mesure qu'en fait ma boîte est dans une situation bancale...
Bancale ? Je dirais même sur le fil: ils sont en plein redressement judiciaire.
Oh puté j'ai décroché le jackpot avec ce boulot.
Tu penses bien que lors de l'entretien le boss s'était bien gardé de me le dire, ça fait pas méga bonne impression
PS: t'as vu j'ai changé la bannière, t'aimes bien ou tu trouves ça dégueu ?
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La semaine se passe, puis très rapidement arrive mon premier Lundi en solo.
Seule comme la solitude.
Je dois faire face aux quarantenaires rageuses de voir une minette de moins de 30ans remplacer l'homme qui les servait. Tu sentais leur ton mielleux lorsqu'elles me déposaient leurs affaires, qui s'apparentaient à un "t'es bien mignonne du haut de tes 29ans, mais si tu me bousilles mes affaire j'te défonce la gueule".
La pression était un peu quotidienne à ce niveau là.
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| You know what i mean ?!? |
Mais encore, s'il n'y avait eu que ça...
Les jours et semaines se passent, je m'acclimate petit à petit au job, aux différents prestataires, aux gens aussi (ce qui n'est pas une mince affaire, croyez-moi).
Je m'habitue aussi à mes collègues à 500bornes d'ici, par téléphone. Et j'apprend au fur et à mesure qu'en fait ma boîte est dans une situation bancale...
Bancale ? Je dirais même sur le fil: ils sont en plein redressement judiciaire.
Oh puté j'ai décroché le jackpot avec ce boulot.
Tu penses bien que lors de l'entretien le boss s'était bien gardé de me le dire, ça fait pas méga bonne impression
"Bonjour, nous sommes dans le caca financier, voulez-vous intégrez notre entreprise?"
"Oh mais bien sûr, avec plaisir ! "
J'ai donc appris avec le temps à faire avec les contraintes de budget qui nous étaient imposées.
Enfin, imposées ... En fait non. En fait.
C'est plutôt ma conscience professionnelle qui me faisait faire attention aux dépenses de la société. Quand tu débarques dans une boîte et que tu apprends un truc pareil, tu te dis "ok, je veux bien faire mon boulot, donc il s'agirait de pas craquer la CB du boss". T'es consciencieux quoi.
Sauf que quand tu réalises petit à petit, que de son côté le patron ne tient absolument pas compte de cette situation catastrophique, tu comprends pas trop ce qu'il se passe dans l'espace.
Première aberration, et pas des moindres: la société ne se fait aucune marge. Sur rien.
En gros, on rendait des services aux gens à tire larigot, mais gratuitement. C'est open bar les gars.
Madame X dépose une paire de godasses > tu l'emmènes au cordonnier > tu retournes la chercher > tu la rends à Madame X qui te payes exactement le prix facturé par le cordonnier. Tu suis ?
Au passage nous on ne prenait rien. Enfin "nous", eux, lui quoi.
Bon déjà, on est d'accord, pas besoin d'être PDG d'une master société pour comprendre qu'il y a comme un gros fail dans le calcul là.
Tu te dis que finalement c'est pas trop ton problème si le mec veut pas se faire d'argent. Mais tu comprends aussi un peu, comment il s'est retrouvé dans une situation comme celle-ci. No bénéfice, comment à fait cette boîte pour tenir jusque là ?! Et bah tout simplement en arrêtant de payer ses employés l'année passée bien sûr ! Suis-je bête.
Véridique donc. J'apprend plus tard que la prédécesseuse de mon prédécesseur (c'était pas évident à écrire) n'avait pas reçu son salaire pendant 3 mois. 3 MOIS !
J't'avoue que je prend un peu peur à ce moment là. Je me met deux secondes à sa place, et m'imagine ne pas être payée pendant 3 mois. Quand tu as un loyer à lâcher, des impôts, des charges, l'électricité, tout un tas de factures et une vie à côté, c'est tout bonnement impossible.
Une vie à côté oui. Justement, parlons-en.
Ma vie, mes activités and co, se sont mises entre parenthèses depuis ce 26 Janvier 2012.
Comme tu as pu le lire lors du premier épisode, le boss m'avait vendu dans un futur proche, un 35h.
Tu penses bien qu'un temps partiel, à 840€ nets par mois, lorsque tu vis seule, c'est ingérable.
Nous sommes au mois de Mars, Avril, Mai, Juin ... toujours rien. Le futur proche devant être dans un ou deux mois, max.
Voyant que très rapidement, ma situation financière était proche du chaos, je me décide donc au mois de Mars à lui en parler (2 mois à peine après l'embauche. Déjà)
Je lui explique ma situation, et qu'il est difficile pour moi de m'en sortir. Bien sûr, pour une première conversation je pèse mes mots. Je n'allais pas d'entrée lui dire "sivoupléééé, je suis au bord du gouffre, je ne mange plus que des pâtes, et suis à deux doigts de bouffer les croquettes de mes chats !".
Dans un premier temps, naïvement, je pense que cette discussion aura forcément un impact et que le changement se ferait rapidement.
...
Mois de Mai, toujours rien. Walou. Peau de zizi.
Je réitère donc l'expérience de la discussion, sauf que cette fois-ci je décide de jouer la carte du "je suis vraiment dans la merde, si tu me passes pas en 35h a)j'te fais bouffer ta cravate b)je m'asphyxie dans ta voiture de fonction c)je mange la bouffe de mes chats pour de vrai d)je pleure (ne rayer aucune mention).
Ma situation financière était carrément alarmante, j'ai du demander de l'aide à mes parents (ce qui dans mon cas, s'apparenterait presque à de la prostitution), tirer un trait sur des supers vacances en Californie, réduire de façon très très significative les restos et sorties payantes en tous genre. Et par conséquent, réduire les restos, vacances et sorties payantes de Pépito, qui partage ma vie. La LOSE.
Quand ta situation financière en vient à se répercuter sur les gens qui t'entourent, c'est vraiment l'échec. La honte. La tristesse.
Après cette discussion, je sens que le boss comprend l'urgence et je me dis que la situation va enfin finir par changer.
Une semaine se passe, il revient vers moi et me fait une proposition ...
"Je vous propose de vous rajouter 10h supplémentaires sur votre prochaine paye, et de vous payer vos frais d'essence pour votre véhicule personnel"
Marcel Béliveau tu es là ? C'est une caméra cachée ?
Ah ben non. Il est sérieux.
![]() |
| Kikou |
Premièrement, étant en temps partiel, tu te doutes que les 10h sup' je les fait, donc finalement il me les doit. Donc ce n'est pas un cadeau.
Secondo, mon véhicule personnel est un scooter, donc si tu veux l'essence c'est pas ce qui me coûte le plus cher. Et franchement quand t'as besoin de tunes, l'essence de ton scoot n'est pas ta priorité.
Putain mais c'est quoi cette proposition de merde ? C'est une blague ?
(à ce jour je me pose toujours la question)
C'est comme si tu demandais un rab de frites à la cantine et qu'on te donne une frite. (elle est chouette ma métaphore non ?)
A partir de ce moment, je me dis que clairement on se fout de ma gueule, et qu'il est grand temps que je recherche un autre boulot.
Mai 2012.
To be continued ...
PS: t'as vu j'ai changé la bannière, t'aimes bien ou tu trouves ça dégueu ?
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Hello!
RépondreSupprimerJ'aime bien la nouvelle bannière!
Quant au Job, il y a une chose positive au moins, c'est que maintenant tu sais que tu dois regarder sur internet (societe.com) comment se porte la société qui te propose un job! Toutes les entreprises sont obligées de publier leurs résultats en fin d'année!
J'espère que maintenant tu t'en es sortie!
Bises!
Ah mais je ne savais pas pour societe.com, c'est une très bonne info ça. Je ne manquerai pas d'aller vérifier ça pour mon prochain emploi !
SupprimerMerci à toi !
En effet, ce doit pas être cool d'être dans une situation pareille, cela dit je sais ce que c'est que de se serrer la ceinture parce qu'on est payée au lance-pierre ! Tous des enflures quand même ! J'aime bien ta bannière ! Je suis fan des chouettes :-)
RépondreSupprimerOn est d'accord. Tant qu'ils peuvent te la faire à l'envers, et ben ils y vont jusqu'au bout. Connards !
SupprimerMerci pour la bannière !
C'est chou ta bannière !
RépondreSupprimerEffectivement, pas de tout repos ton boulot.
Merci mamzelle !
SupprimerHâte de lire la suite là !
RépondreSupprimerEt je suis fan de ta bannière !
Je vais essayer de ne pas attendre 10ans pour écrire la suite !
SupprimerMerci pour la bannière !