Dans la vie t'as trois catégories de gens (j'aime bien faire des catégories) :
a- les gens sûrs d'eux, qui ont confiance (ou qui se la pètent), qui savent s'imposer et marquer leur territoire
b- les gens pas sur d'eux, qui marchent tête baissée, qui obéissent sans sourciller, qui subissent en silence et disent oui à tout
c- et ceux qui selon le jour/l'humeur/le climat/la conjoncture/le cours de la bourse, vont se placer dans l'une ou l'autre des catégories
Personnellement, je me place dans la troisième catégorie. La troisième marche du podium.
Il y a certains jours ou je suis particulièrement mal lunée, ou j'ai passé une journée merdique, et ou il ne faut pas me faire chier. Je suis capable de tout envoyer valser sous prétexte qu'on me manque de respect, ou que quelqu'un manque de savoir vivre.
Ces jours là sont relativement rares en fait.
L'habitude d'encaisser sans rien dire fait que ma capacité à subir l'insupportable est assez balaise.
Du coup il m'arrive très fréquemment de me retrouver dans des situations improbables.
Des situations, où, tout être normalement constitué d'un cerveau et d'une bouche pour parler, serait capable de dire NON.
Moi, je dis oui.
Et je ne bronche pas.
3615 soumission bonjour.
Dans mon ancien job, il fallait bien avoir en tête que lorsque tu commençais ta journée, tu ne savais pas à quelle heure elle allait se terminer.
Les joies de l'aéroport c'était avant tout dépendre du climat en France, mais aussi dans le monde. Ouragans, tempêtes, le volcan islansais eyjafkkcacakulljesaisplusquoi, les tsunamis, la neige, le verglas, et j'en passe ... mais c'était aussi les événements type 11 septembre, type plan vigipirate, grèves (vive la france) ... et puis la base: les problèmes techniques d'un avion.
Bref, tout ça faisait que j'étais amenée à faire des heures sup' environ 3 jours sur 5, chaque semaine.
Heures sup' qui allaient, de l'heure simple à la double journée qui te fait rentrer chez toi à 4h du matin et te fait rebosser 4h après.
Bien sûr dans une équipe t'as toujours des putains de bras cassés qui prétextent le gamin/le mal de tête/l'empêchement x, y ou z pour pas rester. Sauf que 3 jours sur 5, chaque semaine, t'as vite cerné les tire au flanc qui en branlent pas une.
Donc toi, t'as juste une conscience professionnelle, et tu te dis que quand même, tu vas pas laisser ta boss gérer seule 400 personnes, 400 bagages, 400 chambres d'hôtel + la même le lendemain quand il faudra gérer ces mêmes gens sur-excités.
Donc tu restes.
Sauf que ta/tes boss, eux aussi, ils t'ont cernée, et ils ont compris que t'étais sur-dévouée (enfin t'as l'air), et qu'on pouvait tout te demander parce que tu disais toujours oui.
En tous cas, tu ne dis jamais non.
Donc on profite, et on te bouffe la gueule jusqu'à l'usure.
Sauf que toi aussi y'a des jours ou t'as pas envie, tu veux rentrer chez toi, t'avais prévu une soirée avec des potes, un resto, dormir ...
Mais non.
Des fois , toi aussi, t'aurais bien aimé pretexté le sale morveux qui a la fièvre pour la 12ème fois de la semaine juste pour rentrer chez toi et mater Sex and the city saison 1, 2, 3, 4, 5, 6 en pensant à tes collègues en train de se faire insulter par les passagers.
Mais non. C'est toi qui te fais insulter.
Tu te fais malmener par les gens parce que tu sais pas t'imposer comme il le faudrait. Ca craint.
Dans ton boulot actuel, tu deviens petit à petit un esclave des temps modernes. Ca devient ingérable, et pourtant tu continues. Tu continues parce que t'as pas le choix en fait.
T'as bien essayé d'en parler à ton boss, lui dire que la voiture dans Paris c'était insupportable et que t'avais pas postulé pour être coursier. Le tout en étant payé au lance-pierre. Et t'as quand même fait péter le champagne pour avoir osé lui cracher tout ça. (ce jour là j'étais dans la catégorie une).
Mais pour autant la situation ne change pas. Je dirais même qu'elle s'empire.
Et toi tu continues d'accepter en attendant de trouver mieux (rafale de cv dans tous les sens qui ne donnent rien, tu desesperes sévère, on va pas se le cacher).
Il te rajoute toujours plus de taf pour te faire gagner plus, mais réalise pas que je ne suis qu'une seule personne, genre je peux pas me diviser, en fait.
Mais je dis rien.
Je devrais hurler après lui, après tous les intervenants qui en plus me pourrissent mon job, mais non.
Le désespoir. Ou l'espoir de partir peut être.
Là ou d'autres auraient déjà plié bagage depuis un bail, ou auraient gueulé à la moindre contrariété, moi je me tais.
Et puis il y a toutes ces situations qui finissent par devenir "cocasses" avec le temps, tu en rigole, on se fou un peu de ta gueule, parce que ton aversion pour le mot " non" te pousse à dire oui à des trucs complètement aberrants. (je rigole en l'écrivant parce que je me trouve SO stupide...)
-Ton boss promet de t'offrir les ponts de Mai.
Il te le dit puis te le confirme par mail. Toi tu es HAPPY parce que les vacances cette année c'est un peu la berezina. Alors comme une dingue, tu book des week end de beuverie, billets de train en poche et la tête déjà ailleurs, tu trépigne.
Une semaine avant le départ, ton boss réalise qu'en fait il y a beaucoup de ponts en Mai, et qu'il a peut être été un peu trop généreux sur le coup. Alors il t'appelle et te demande finalement d'être là LE week end où tu es censée être en train de picoler à Bordeaux.
Et toi, tu dis oui.
(silence)
ALLO Pompon !!! ooh réveilles toi ! t'es folle ou bien ?
Pépito s'est donc chargé de me dire les choses à sa manière : "nan mais t'es malade ou quoi , il t'avait promis, pas moyen qu'on annule oh t'es folle, tu le rappelle et tu lui dis!!"
J'ai rappelé, et j'ai dis, et je suis partie.
- La fille qui m'alpague dans la rue pour que je participe à une journée relooking cheveux pour le magasine d'un salon de coiffure. j'avais pas envie, j'ai dis oui.
Je me suis retrouvée assise devant un miroir avec la coupe de mireille mathieu, je suis partie et j'ai rien dit. Je crois même avoir dit que j'aimais bien, pour faire plaisir.
- Le mec qui t'alpague (toujours dans la même rue) quelques années plus tôt, pour faire son spitch greenpeace/WWF/sidaction (je sais plus), qui divague gentiment sur une vieille drague bien tournée, et qui arrive à me soustraire mon numéro. Il était moche.
Et j'ai donné le vrai.
Pourquoi ?
- En scoot, un autre gars qui flirte avec moi depuis le sien, à chaque feu rouge, et qui arrive par quelques phrases bien tournées à me faire m'arrêter le contact pour tchatcher alors que j'étais pressée et qui veut m'embaucher dans une sombre boîte de "communication".
Il m'a tenu la jambe 25 minutes. J'ai pris sa carte alors que je m'en foutait.
Le tout avec le sourire.
La liste serait encore bien longue si je continuais de t'énumérer le nombre de situations incroyables ou je dis "oui" avec le sourire, alors que je pense "non" dans ma tête, mais je vais m'arrêter ici, parce que je sens déjà que tu me vois en tarée soumise par la vie.
Je sais dire non, mais seulement dans des cas ou je sais que je ne "risque" rien, genre un vieux con à la poste qui marmonne que je ne me pousse pas, alors que je ne pouvait pas, m'a fait littéralement partir en loops, à base de voix haute, et de scandale.
Je suis donc tout à fait capable d'ouvrir ma grande gueule de poissonnière. Mais pas au bon moment.
Dommage.
Je songe donc à faire partie d'un groupe genre "les soumis-anonymes" ou "SOS détresse in progress". Ca doit bien exister ça.
Pompon, handicapée du non
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Ômaillegode... J'ai du bol, je suis dans la catégorie 1. Mais du coup, je me fais traiter de froide, glaçon, frigo, congèl, salope psychorigide, glandeuse sans conscience professionnelle... C'est pas vrai, j'en ai une, mais seulement pour le temps qu'on me paie/le pas pour tout le monde, alors faut partager ^^
RépondreSupprimerMais tu verras, une certaine forme d'assurance vient avec l'âge, si t'es dans la catégorie 3, tu feras des incursions plus fréquentes dans la 1 !
Bises, bonne journée :)
je fais peur un peu hein !
SupprimerMais j'imagine que dans l'autre sens ça peut être compliqué aussi. T'es toujours perçue comme la grande gueule de service, c'est pas toujours sympa. Mais au moins , tu obtiens peut être plus facilement ce que tu veux !
Ceci dit c'est certain avec l'age je vois bien aussi que j'ai tout de même plus d'assurance qu'avant, heureusement, je sais qu'il y a bien pire que moi, je le vois bien dans le comportement de certaines personnes qu'il y a plus mal loti que moi ! Ouf. Mais c'est surtout dans le domaine pro qu'il faut que je m'impose plus, parce que ça peut être problématique.
Je suis un peu pareil et ça m'énerve. Alors j'essaye de dire non mais j'apprends de plus en plus à ne pas me faire marcher sur les pieds ! Dejà parce que ça fait mal et aussi parce que sinon c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.
RépondreSupprimerAlors, courage Pompon, tu peux le faire ! C'est pour ton bien !
Ouai ça s'acquiert avec l'expérience quelle qu'elle soit (professionnelle, sentimentale, amicale, relationnelle etc ... ), et petit à petit tu gagnes en assurance. Je m'en rend compte aussi, avec le temps c'est mieux (parce qu'à l'adolescence au secours ...). Mais pas toujours évident hein ! souvent trop bonne trop conne
SupprimerPfiou quelle galère de toujours dire oui ! Je sais pas trop trop dans quelle catégorie je me trouve, mais je me crois pas m'être déjà retrouvée dans la situation du "j'ai dis oui et je me retrouve dans une situation de dingue".
RépondreSupprimerEt je me demandais, pourquoi tu ne ferais tout simplement pas comme tes collègues ? Trouver des excuses bidons pour pas faire d'heure supp'. Certes ça mettra ta boss une fois dans la merde, mais au moins ils comprendront que tu n'es pas le larbin de service. Evidemment, faut pas t'excuser dix milles fois parce que tu n'es pas dispo. Mais t'as déjà pensé à tenter le coup?
Ben en fait je ne bosse plus dans cette boîte là. Mais il m'est quand même arrivée quelques fois de dire que je ne pouvais pas rester alors que concrètement j'aurais pu. Mais tellement ras le bol que des fois des petits mensonges ça faisait pas de mal.
SupprimerAujourd'hui j'ai moins ce problème car je bosse seule, donc pas de collègues à gérer, ni de mensonges ou de retards à subir. Mais ça peut être chiant aussi justement d'être seule dans le sens ou tu te sens (enfin JE me sens) obligée d'être toujours dispo parce que justement personne peut me remplacer ... Bref le truc sans fin quoi !!
Mais je me soigne petit à petit, demain je vois mon boss, again .... ouuuuuh !
Ouais bah moi j'aimerai bien que tu saches, en "priorité urgente rapide", dire non au trou du cul de WWF qui te racle ton numero ou au kéké en scoot qui veut t'embaucher dans "sa boite" depuis un trottoir.
RépondreSupprimerEt ensuite nous travaillerons ensemble, dans un processus d'acceptation long et rigoureux, à apprivoiser le terme "NON". Pour les autres ;-)
On va faire des jeux de rôles.
NON mais !!!
lol c'est quand même pas le plus urgent les queutards dans la rue hein ! Ca reste secondaire (enfin pas pour toi j'en conviens ^^)
SupprimerPar contre je pense que les jeux de rôles ça va pas fonctionner avec toi ! j'sais pas pourquoi .... !
Rahlala c'est assez effarant de constater à quel point je suis pareille... Si tu trouves le groupe de parole des Soumis Anonymes, fais signe, j'ai besoin d'un parrainage ! ;)
RépondreSupprimerOk ! J'vais te parrainer, entraidons-nous !
SupprimerJ'étais comme ça avant et depuis que j'ai passé la trentaine, je ne le suis plus. Même si je ne gueule pas non plus, je suis plus dans la catégorie 3 je pense en fait :-)
RépondreSupprimerTu as raison parfois les petits mensonges sont bons !
Bon alors il me reste encore exactement un an à tirer, patience !
SupprimerHéhé, je veux bien rentrer dans le club, moi aussi, parfois, je suis trop gentille!
RépondreSupprimerTu es la bienvenue dans le club des soumis refoulés !
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